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Microplastiques dans les cosmétiques : la restriction européenne des microparticules de polymères synthétiques

Depuis 2023, l’UE restreint les microparticules de polymères synthétiques ajoutées intentionnellement, y compris dans les cosmétiques. Ce que couvre la règle, pourquoi elle s’applique par étapes et pourquoi la liste INCI seule ne dit pas si un produit contient des microplastiques.

Mis à jour: 31 octobre 2026 · Vérifié par: Kamil Pyziak

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Des microbilles à une restriction européenne de grande ampleur

Pendant des années, de minuscules billes de plastique ont servi d’agents exfoliants dans les gommages et gels douche. Les inquiétudes liées à leur rejet dans les eaux usées et l’environnement ont conduit de nombreux fabricants à y renoncer volontairement. L’UE est allée plus loin : le règlement (UE) 2023/2055 de la Commission, adopté dans le cadre du règlement REACH sur les produits chimiques, restreint les microparticules de polymères synthétiques ajoutées intentionnellement aux produits – pas seulement en cosmétique, mais aussi dans les détergents, les jouets ou les terrains de sport, entre autres.

La restriction est entrée en vigueur en octobre 2023. Elle ne fait pas partie du règlement cosmétiques, mais elle s’applique aux produits cosmétiques mis sur le marché de l’UE.

Qu’est-ce qu’une « microparticule de polymère synthétique » ?

Pour simplifier, la restriction vise de très petites particules solides faites de polymères synthétiques, insolubles dans l’eau et difficilement dégradables. Une fois rejetées, ces particules persistent dans l’environnement.

La définition prévoit d’importantes exclusions. Les polymères naturels non modifiés chimiquement, ainsi que les polymères biodégradables ou hydrosolubles au sens des critères du règlement, notamment, n’entrent pas dans son champ. C’est pourquoi de nombreux polymères utilisés en cosmétique ne sont pas concernés : ce qui compte, ce sont la forme et les propriétés, pas le seul fait d’être un polymère.

Un calendrier progressif

La restriction s’applique par étapes. Certains usages, comme les microbilles exfoliantes ou nettoyantes des produits rincés et les paillettes plastiques vendues en vrac, ont été visés dès le départ. Pour les autres usages cosmétiques, le règlement prévoit des périodes de transition de plusieurs années afin de laisser aux fabricants le temps de reformuler.

Les produits rincés bénéficient de périodes de transition plus courtes que les produits sans rinçage, et les plus longues concernent le maquillage, les produits pour les lèvres et pour les ongles, pour lesquels trouver des alternatives est jugé le plus difficile. Pour certains de ces produits, des obligations d’information s’appliquent pendant la transition. Les dates exactes figurent dans le règlement.

Les noms INCI que vous pouvez rencontrer

Parmi les polymères pouvant être présents sous forme de particules solides en cosmétique : Polyethylene, Nylon-12, Polymethyl Methacrylate, Polypropylene et certains polymères acryliques comme Acrylates Copolymer ou Acrylates Crosspolymer. Les paillettes plastiques sont souvent à base de Polyethylene Terephthalate. Ils ont servi d’exfoliants, de charges pour un effet flouteur, de texturants ou d’agents scintillants.

Beaucoup d’autres polymères, par exemple des épaississants comme Carbomer ou Acrylates/C10-30 Alkyl Acrylate Crosspolymer, sont dispersés, gonflés ou dissous dans la formule et remplissent une tout autre fonction. Savoir si une qualité donnée répond à la définition de microparticule est une question technique. Parmi les alternatives utilisées : Silica, Cellulose, amidons, pigments à effet d’origine minérale comme Synthetic Fluorphlogopite, et matières végétales broyées.

Les mentions « sans microplastiques »

« Sans microplastiques » ou « sans microbilles » sont des allégations volontaires. Elles doivent être véridiques et ne pas induire en erreur, mais elles peuvent reposer sur des définitions différentes : certaines marques ont une conception des « microplastiques » plus large que la restriction européenne, d’autres plus étroite.

Si le sujet vous tient à cœur, regardez à la fois l’allégation et la liste INCI, et vérifiez si la marque précise la définition qu’elle utilise.

Ce que l’étiquette ne dit pas

Un nom INCI désigne une substance chimique, pas sa forme physique. La liste n’indique pas si un polymère est présent sous forme de particules solides, quelle est leur taille, ni si la qualité employée est soluble ou biodégradable – précisément les caractéristiques qui déterminent si la restriction européenne s’applique.

Des polymères peuvent en outre être présents en petite quantité comme enrobage ou support dans d’autres matières premières, par exemple sur des pigments. Un nom de polymère dans la liste invite donc à regarder de plus près ; ce n’est pas une preuve de présence de microplastiques – et l’absence de noms connus ne prouve pas le contraire.

Sources